Construire ou entretenir un mur de séparation entre voisin non mitoyen soulève de nombreuses questions juridiques et pratiques.
Contrairement aux murs mitoyens, partagés entre deux propriétés, un mur non mitoyen appartient exclusivement à un seul propriétaire. Par exemple, si vous érigez un mur entièrement sur votre terrain, à quelques centimètres de la limite parcellaire, celui-ci reste votre propriété exclusive. Toutefois, ce statut privatif n’exonère pas de respecter certaines règles d’urbanisme et de voisinage. Les obligations concernant la hauteur, l’entretien et les démarches administratives varient selon la localisation du bien et les règlements locaux.
Dans cet article, vous allez repérer les règles qui encadrent l’entretien, la hauteur, et les droits du voisin, avec des repères simples pour décider sans faux pas. Vous allez aussi suivre une liste de démarches à appliquer avant travaux, afin de partir sur une base sereine, y compris en cas de désaccord ultérieur.
À retenir
- Le propriétaire d’un mur non mitoyen assume seul tous les frais d’entretien, de réparation et de reconstruction
- Toute construction de mur nécessite une déclaration préalable dans les communes disposant d’un PLU ou situées en zone protégée
- Le voisin peut forcer l’acquisition de la mitoyenneté d’un mur situé exactement en limite de propriété selon l’article 661 du Code civil
- Un mur privatif situé en retrait de la limite séparative, même de quelques centimètres, ne peut faire l’objet d’une acquisition forcée de mitoyenneté
- Le délai d’instruction d’une déclaration préalable s’établit à un mois, prolongé à deux mois si consultation de l’Architecte des Bâtiments de France

| Critère | Mur non mitoyen | Mur mitoyen |
|---|---|---|
| Propriété | Un seul propriétaire | Deux propriétaires (copropriété) |
| Entretien | À la charge exclusive du propriétaire | Frais partagés entre les deux voisins |
| Localisation | Sur le terrain du propriétaire, en limite ou en retrait | Exactement sur la ligne séparative |
| Droits du voisin | Possibilité d’acquérir la mitoyenneté si le mur est en limite exacte | Droits d’usage et d’appui sur le mur |
| Modifications | Décision unilatérale du propriétaire | Accord des deux copropriétaires nécessaire |
Sommaire de l'article
ToggleQui est responsable de l’entretien d’un mur de séparation entre voisins non mitoyen ?
Le propriétaire d’un mur non mitoyen assume seul l’intégralité des responsabilités d’entretien. Cette charge comprend les réparations courantes, le ravalement, la consolidation et, le cas échéant, la reconstruction complète de l’ouvrage. Aucune obligation légale n’impose au propriétaire de crépir ou d’enduire son mur, même si celui-ci reste visible depuis la propriété voisine.
Cependant, le mur ne doit pas causer de trouble anormal de voisinage, comme des infiltrations d’eau ou des risques de chute de pierres. En cas de dégradation mettant en danger la sécurité du voisin, le propriétaire engage sa responsabilité civile et peut être contraint d’effectuer les travaux nécessaires.
Le Code civil ne prévoit aucun partage des frais pour un mur privatif, contrairement aux dispositions de l’article 655 concernant les murs mitoyens. Si votre voisin souhaite participer à l’entretien ou embellir sa face du mur, cela relève d’un accord amiable et n’a aucun caractère obligatoire. Par ailleurs, le propriétaire conserve la liberté totale de modifier, rehausser ou démolir son mur sans consulter le voisin, dans le respect des règles d’urbanisme locales.
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Quelle est la hauteur maximale autorisée pour un mur de séparation entre voisins non mitoyen ?
La hauteur minimale réglementaire d’un mur de séparation varie selon la taille de la commune, conformément à l’article 663 du Code civil. Dans les communes de moins de 50 000 habitants, la hauteur minimale s’établit à 2,60 mètres, chaperon inclus. Pour les communes comptant 50 000 habitants ou plus, cette hauteur minimale passe à 3,20 mètres. Le chaperon désigne le couronnement du mur, généralement en forme de toit, qui protège la maçonnerie des intempéries.
Aucune hauteur maximale n’est fixée par la loi française. Vous pouvez théoriquement construire un mur de 4 ou 5 mètres sans enfreindre le Code civil. Toutefois, attention aux règlements locaux : le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou le Plan d’Occupation des Sols (POS) de votre commune fixent souvent des limites plus strictes. Consultez systématiquement le service urbanisme de votre mairie avant d’entamer les travaux.
Par ailleurs, même respectant les hauteurs légales, votre mur ne doit pas générer de trouble anormal comme une perte d’ensoleillement excessive ou une suppression totale de la vue.
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Quelles sont les démarches obligatoires à faire avant de construire un mur de séparation entre voisins non mitoyen ?
Avant d’ériger un mur de séparation, plusieurs formalités administratives conditionnent la légalité de votre projet.
Vérifier le Plan Local d’Urbanisme (PLU)
Consultez le PLU ou la carte communale auprès du service urbanisme de votre mairie. Ces documents précisent les matériaux autorisés, les dimensions acceptables et les spécificités architecturales à respecter.
Certains lotissements imposent également un règlement intérieur qui encadre l’aspect des clôtures et des murs séparatifs. Le PLU détermine notamment si votre commune exige systématiquement une déclaration préalable pour toute construction de clôture.
Déposer une déclaration préalable de travaux
L’article R.421-12 du Code de l’urbanisme rend obligatoire la déclaration préalable dans plusieurs situations. Vous devez effectuer cette démarche si votre terrain se situe dans une zone protégée, aux abords d’un monument historique ou dans un site classé.
La déclaration s’impose aussi lorsque le PLU de votre commune la rend obligatoire pour les clôtures. Remplissez le formulaire Cerfa n°1370308 pour une maison individuelle, ou le Cerfa n°1340408 pour d’autres types de bâtiments.
Joindre les pièces justificatives au dossier
Votre dossier doit comprendre plusieurs plans techniques, notamment le DP4 présentant les façades et l’élévation de la clôture. Ce document permet aux services instructeurs d’apprécier la hauteur, les matériaux et l’apparence extérieure du mur.
Ajoutez un plan de situation du terrain et un plan cadastral précisant l’emplacement exact de la construction. Ces pièces garantissent la conformité du projet aux règles locales et facilitent l’instruction du dossier.
Attendre l’accord de la mairie
Le délai d’instruction s’établit à un mois pour une déclaration préalable standard. Ce délai passe à deux mois si l’Architecte des Bâtiments de France doit examiner votre demande, notamment en secteur protégé. L’absence de réponse dans ces délais vaut accord tacite.
Une fois l’autorisation obtenue, affichez-la sur votre terrain pendant au minimum deux mois et jusqu’à l’achèvement des travaux. La mairie peut procéder à des contrôles de conformité durant le chantier.

Quels sont les droits du voisin sur un mur non mitoyen ?
Le voisin joignant un mur non mitoyen dispose de prérogatives limitées mais protégées par le Code civil. L’article 661 accorde à tout propriétaire la faculté d’acquérir la mitoyenneté d’un mur situé exactement en limite de propriété. Cette acquisition forcée s’effectue moyennant le remboursement de la moitié du coût de construction du mur et de la moitié de la valeur du sol qu’il occupe. Le propriétaire initial ne peut refuser cette demande si le mur se trouve précisément sur la ligne séparative.
Cependant, cette disposition ne s’applique pas aux murs construits en retrait de la limite séparative. La jurisprudence considère qu’un mur édifié à 15 centimètres de la limite parcellaire, même avec un retrait minime, ne peut faire l’objet d’une acquisition forcée de mitoyenneté. Le voisin ne peut contraindre le propriétaire d’un fossé ou d’une haie non mitoyens à lui céder la mitoyenneté, selon l’article 668 du Code civil. En revanche, une acquisition amiable reste toujours envisageable : les deux parties négocient le prix et formalisent l’accord par acte notarié publié au Service de publicité foncière.
Le voisin ne peut appuyer aucune construction sur un mur privatif sans l’autorisation expresse du propriétaire. Cette interdiction vise à protéger le droit de propriété exclusif. Par ailleurs, le propriétaire d’un mur non mitoyen conserve le droit d’y appuyer seul des espaliers ou d’autres aménagements. Le voisin supporte les éventuels désagréments esthétiques du mur sans pouvoir exiger de travaux d’embellissement, sauf en cas de trouble anormal de voisinage caractérisé.
Mur de séparation entre voisin non mitoyen, quels sont les droits ?
Les murs de séparation non mitoyens obéissent à un cadre juridique précis qui protège à la fois les droits du propriétaire et ceux du voisin. Le propriétaire assume seul l’entretien de son ouvrage, tout en respectant les hauteurs minimales définies par l’article 663 du Code civil : 2,60 mètres dans les petites communes, 3,20 mètres dans les plus grandes agglomérations.
Les démarches administratives, notamment la déclaration préalable en zone réglementée, conditionnent la légalité de la construction. Le voisin conserve la possibilité d’acquérir la mitoyenneté d’un mur situé exactement en limite de propriété, moyennant indemnisation. Ces règles garantissent un équilibre entre liberté de construire et respect du voisinage, tout en prévenant les conflits liés aux limites de propriété.













