Interviews de Happy Men

Date : 4 juin 2015
Lieu : Ministère des Droits des Femmes
Adresse : 14 avenue Duquesne, 75007 Paris

 

Arnaud Morlaes – 49 ans – en couple – 3 enfants - Credit Risk Officer à la Banque BNP PARIBAS Corporate & Institutional Banking

1° Comment avez-vous connu le Réseau Happy Men ?

Suite à l’arrivée d’un nouveau bébé avec des soucis de santé, et mon épouse qui occupe un poste à responsabilité chronophage, les équipes RH m’ont naturellement proposé de participer à cette aventure compte tenu de mon expérience passée et en cours sur ce sujet important.

2° Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez rejoint le programme ?

La nécessité de conserver une performance dans le travail et de concilier une vie familiale complexe.

3° Qu’est-ce que les réunions de cercle vous apportent collectivement et individuellement ?

Elles me permettent de partager avec les autres Happy Men nos expériences, identifier les points bloquants, trouver des solutions et des actions à mettre en place. Agir pour les autres et pour soi.

4° Quel a été le regard de vos collègues sur votre adhésion ? Y a-t-il eu des freins et si oui lesquels ?

Il y a eu un très fort soutien des femmes. L’accueil a été plus mitigé chez les hommes, il faut expliquer et discuter pour lutter contre la peur du changement, le conservatisme, l’incompréhension, le poids des habitudes et des stéréotypes.

5° Cela a-t-il changé votre façon d’appréhender l’égalité professionnelle : en entreprise ? Dans votre vie personnelle ? J’ai découvert que c’était une véritable nécessité – j’ai eu une vraie prise de conscience, notamment des freins qui existaient encore sur ce sujet. On ne peut prôner l’égalité professionnelle qu’avec une meilleure organisation, afin de conserver sa performance au travail. D’un point de vue professionnel cela passe par un management plus ouvert vis-à-vis des collaboratrices et collaborateurs. Dans la vie personnelle un réel partage des tâches est indispensable.

Clément Deloras - 32 ans - en couple - Conseiller de la Secrétaire générale du groupe Caisse des Dépôts

1° Comment avez-vous connu le Réseau Happy Men ?

J’ai découvert le réseau Happy Men au travers d’AlterÉgales, réseau des femmes cadres du Groupe CDC qui veulent agir pour renforcer le rôle des femmes dans l’entreprise et valoriser leur place dans la société. Même si AlterEgales est un réseau mixte, ses responsables ont souhaité mieux associer les hommes à leurs réflexions et aux actions concrètes qui en découlent, deux objectifs portés par le réseau Happy Men.

2° Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez rejoint le programme ?

J’étais initialement assez réservé sur cette initiative, convaincu que la mixité dans le monde professionnel est aujourd’hui acquise. Pour autant, je constate qu’il y a encore beaucoup à faire et que nous avons véritablement besoin d’espaces d’échanges libres. Rejoindre le réseau m’a fait perdre une certaine naïveté et m’a fait mesurer combien l’égalité professionnelle reste un enjeu quotidien pour les femmes et les hommes.

3° Qu’est-ce que les réunions de cercle vous apportent collectivement et individuellement ?

Les cercles Happy Men commencent seulement à se mettre en place au sein de la Caisse des Dépôts et Consignations. Nous tiendrons notre première réunion du cercle d’Île-de-France à la fin du mois de juin. Les premiers échanges que nous avons eus lors de la constitution du Groupe montrent que les hommes s’interrogent sur l’égalité professionnelle et sont demandeurs d’échanges mais aussi de partages d’expérience. Plus qu’une approche intellectuelle, ils semblent tous attachés à s’inscrire dans une démarche pragmatique, liée à leur quotidien.

4° Quel a été le regard de vos collègues sur votre adhésion ? Y a-t-il eu des freins et si oui lesquels ?

La plupart des collègues avec qui j’ai parlé de ce projet portent un regard bienveillant sur la démarche mais s’interrogent encore sur son caractère concret. Je n’ai pas rencontré d’opposition marquée ; en revanche il sera déterminant de montrer que cette initiative permet effectivement de faire évoluer les comportements et améliore l’environnement de travail de tous les collaborateurs.

5° Cela a-t-il changé votre façon d’appréhender l’égalité professionnelle : en entreprise ? Dans votre vie personnelle ?

Participer au réseau m’a aidé à comprendre que l’égalité professionnelle n’était pas forcément toujours acceptée et demandait une véritable mobilisation individuelle et collective. J’ai par exemple été frappé de constater à quel point l’horaire des réunions pouvait être un élément de contrainte, pesant sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Aujourd’hui, je suis plus attentif à cet équilibre, aussi bien pour moi que pour les collaborateurs avec lesquels je travaille.

Julien Chauvet - 34 ans – marié – 3 enfants - Responsable du service Ingénierie de la direction commerciale de COFELY Services Rhône-Alpes (filiale d’ENGIE)

1° Comment avez-vous connu le Réseau Happy Men ?

J’ai connu le réseau Happy Men en « chambrant » une collègue sur les réseaux de femmes : « Et pourquoi pas des réseaux d’hommes ?  C’est fini le temps où les femmes devaient assurer seules les tâches domestiques en parallèle de leurs vies professionnelles. Les hommes aujourd’hui sont largement investis et en plus doivent assumer le poids de l’histoire patriarcale ». Lorsqu’elle m’a annoncé qu’il existait un réseau d’hommes sur ce thème, j’étais obligé d’y aller.

2° Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez rejoint le programme ?

J’ai rejoint le programme tout d’abord par conviction et envie de militer. Je souhaite également partager mon expérience avec d’autres hommes et notamment ceux qui ont encore du mal à imposer leurs limites. L’équilibre que nous avons développé avec ma femme et nos trois enfants est de plus en plus difficile à tenir. Je viens me nourrir de l’expérience de mes collègues.

3° Qu’est-ce que les réunions de cercle vous apportent collectivement et individuellement ?

Nos réunions nous permettent de prendre conscience que nous ne sommes pas seuls même si les sujets sont tabous dans le cadre conventionnel de l’entreprise. Nous dévoilons ainsi ces tabous. Les réunions m’ont  permis de prendre conscience du poids des règles implicites de l’entreprise. Les réunions m’ont obligé à assumer et affirmer mes choix de vie et d’organisation pro/perso. Désormais, je les affirmerai systématiquement.

4° Quel a été le regard de vos collègues sur votre adhésion ? Y a-t-il eu des freins et si oui lesquels ?

Il y a une incompréhension sur le sujet qui est encore très conceptuel et militant. « Pourquoi fait-il des repas Happy Men et suit-il une formation alors qu’il est déjà Happy et s’occupe de ses enfants tous les jours matin ou soir ? ».

5° Cela a-t-il changé votre façon d’appréhender l’égalité professionnelle : en entreprise ? Dans votre vie personnelle ?

J’ai pris conscience que nous devons accompagner nos collègues et surtout nos collaborateurs dans l’affirmation de leur équilibre.

J’ai moins de scrupule à prendre du temps complètement « OFF » sans téléphone, mails ni tablette.

Paul-Emmanuel Aerts - 43 ans – marié - 2 enfants - Directeur Général d'ING Commercial Banking

1° Comment avez-vous connu le Réseau Happy Men ?

J’ai connu le réseau Happy Men lors d’une présentation de notre programme pour la diversité proposé par notre département Ressources Humaines. J’y ai vu notamment une présentation d’Antoine de Gabrielli que j’ai trouvée très intéressante et qui m’a convaincue de rejoindre le réseau.

2° Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez rejoint le programme ?

Plusieurs raisons m’ont poussé à rejoindre le réseau : avant tout, c’est ma curiosité naturelle pour tous les sujets ayant trait à la diversité. Je trouve le principe de Happy Men très intéressant et novateur, et la démarche m’a plu. Ensuite, j’ai au sein de mon Codir beaucoup de femmes qui sont très investies et qui sont d’excellentes professionnelles. J’ai voulu m’investir également dans Happy Men car je cherche en permanence à comprendre comment mieux les accompagner, notamment en leur donnant les outils qui les aideront à être encore plus épanouies et performantes, pour elle-même et pour l’entreprise. Enfin, je suis intimement convaincu qu’en cherchant à mieux équilibrer sa vie personnelle et sa vie professionnelle, on en devient soi même plus performant en tant que dirigeant.

3° Qu’est-ce que les réunions de cercle vous apportent collectivement et individuellement ?

Les réunions du cercle Happy Men sont très enrichissantes pour une simple raison : elles sont l’occasion d’un partage sur un pied d’égalité sans aucun jugement. Nous laissons nos « a priori » à l’extérieur et tous les membres du cercle viennent avec une vraie volonté d’échange. Par exemple, nous avons eu une discussion autour du divorce et plus précisément, comment la vie professionnelle peut avoir un impact sur la vie de couple et conduire à une séparation. Dans ce cas, nous avons échangé et pas seulement en se disant « ah oui… ça ne doit pas être simple… » mais vraiment en échangeant concrètement sur des situations et des solutions, en évoquant nos cas personnels.

4° Quel a été le regard de vos collègues sur votre adhésion ? Y a-t-il eu des freins et si oui lesquels ?

Il n’y a eu aucun frein. Bien au contraire, chez ING, nous faisons de la diversité un vrai sujet d’entreprise. Parmi nos objectifs annuels, nous en avons un qui concerne la diversité et en tant que dirigeant, je considère qu’il est important de montrer l’exemple sur le sujet. Je pense qu’ING a tout à gagner en montrant une image positive sur la diversité et plus précisément en mettant ses collaborateurs, hommes ou femmes, dans les meilleures dispositions pour réussir et s’épanouir. C’est ainsi que d’excellent(e)s professionnel(le)s auront envie de nous rejoindre.

5° Cela a-t-il changé votre façon d’appréhender l’égalité professionnelle : en entreprise ? Dans votre vie personnelle ?

Cela a fait partie d’un vrai changement de perception et surtout d’une vraie prise de conscience de l’importance de l’égalité professionnelle : Happy Men m’a permis de me donner certaines clés pour mettre en place une organisation permettant à chacun de réussir dans l’entreprise sans sacrifier sa vie de famille, ou vice et versa . Par exemple, sur certaines fonctions, les réunions n’ont plus lieu après 18h ou avant 9h. Le télétravail n’est également plus un tabou, et nous faisons en sorte qu’il puisse être effectué dans les meilleures conditions avec les outils les plus sécurisés, liés à nos fonctions. Notre souci c’est la recherche constante de performance et d’équilibre.

D’un point de vue personnel, j’avais déjà fait un bout de chemin de mon côté mais avec Happy Men, j’ai pris conscience de l’importance d’équilibrer ses priorités et de ne pas opposer vie privée et vie professionnelle. Je suis plus présent qu’avant auprès de ma famille et pourtant, je n’en suis pas moins actif et compétitif au travail. J’ai fait évoluer ma manière de travailler, plus en mobilité et je veille à un meilleur partage des responsabilités parentales au quotidien avec mon épouse. Avec les Happy Men, nous avons échangé sur ces moments privilégiés (le matin, emmener les enfants à l’école ou le soir les accompagner à leurs rendez-vous médicaux) : nous échangeons sur ces bonnes pratiques simples, concrètes, mais qui permettent de changer les choses au sein de notre vie de famille.

Bernard Saison – marié - 3 enfants - Continuous improvement & social and managerial performance en entité opérationnelle (Service Client Opération France) à Orange Business Services

1° Comment avez-vous connu le Réseau Happy Men ?

Au printemps 2013, par la correspondante égalité pro d’Orange Business Services en France qui connaissait mon intérêt pour les sujets liés au domaine de la Diversité (Egalité Pro, Egalité des Chances, Handicap) et qui cherchait des hommes pouvant se positionner dans une démarche originale d’engagement des hommes sur un nouveau programme innovant.

2° Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez rejoint le programme ?

Principalement, dès cette sollicitation, de pouvoir apporter ma contribution à un sujet qui faisait partie intégrante de mes convictions profondes, de mon choix de vie.  Ensuite après avoir participé à la première formation des premiers référents, l’envie de passer à la phase active de la recherche de membres, de création d’un cercle et de préparation de la première rencontre.

3° Qu’est-ce que les réunions de cercle vous apportent collectivement et individuellement ?

Je dirai tout d’abord un véritable plaisir de se rencontrer autour d’un sujet qui nous concerne tous et que nous avons que très rarement l’occasion d’évoquer et encore moins d’explorer. Ensuite elles sont comme un organisme vivant dans lequel chaque particule apporte à l’autre sa spécificité et enrichit le groupe. Enfin le respect que chacun a envers les autres et les paroles parfois très personnelles qui sont dites.

4° Quel a été le regard de vos collègues sur votre adhésion ? Y a-t-il eu des freins et si oui lesquels ?

Il n’y a pas, et cela reflète la société dans laquelle chacun de nous évolue, un mais des regards comme autant d’individualités qui composent notre écosystème. Dans le milieu professionnel je dirai que, bien évidemment, globalement les femmes ont une perception plus positive de cet engagement et les hommes un regard plus neutre mais je n’ai en tout cas jamais ressenti de négatif, bien au contraire. Le frein que je pourrais évoquer serait plutôt une difficulté plus grande que ce que j’avais imaginé à mobiliser rapidement des hommes pour rejoindre le cercle. Cela a pris plus de temps que prévu avec des refus de certains qui m’ont surpris. Sur ce point, être en binôme de référents pour créer et animer un cercle est un vrai plus.

5° Cela a-t-il changé votre façon d’appréhender l’égalité professionnelle : en entreprise ? Dans votre vie personnelle ?

Cela a indéniablement enrichi ma perception des choses, ma capacité à pouvoir échanger et confronter mes idées, à être capable d’expliquer et de développer un argumentaire dans un état d’esprit toujours constructif. C’est un sujet encore très sensible où l’humain est la donnée fondamentale avec une représentation infinie d’individus et donc autant de façon de l’aborder. Ce qui est passionnant !

Simon Martenot - pacsé - 1 enfant (nourrisson) - Chargé de Projet Convention TER Rhône Alpes à SNCF Rhône-Alpes

1° Comment avez-vous connu le Réseau Happy Men ?

La SNCF possède un réseau interne nommé « SNCF au Féminin » qui discute et agit sur différents sujets au sein de l’entreprise. L’une des thématiques abordées dans ce réseau est l’intégration des hommes pour améliorer l’égalité professionnelle dans nos organisations (le réseau SNCF au Féminin est principalement composé de femmes…). Donc, un membre de ce réseau, collègue de travail, est venu me voir un jour pour discuter d’un sujet un peu « décalé » par rapport au quotidien. Après une petite discussion très intéressante, étais-je intéressé par le statut d’Happy Men ? Le sujet n’est finalement pas trop décalé du quotidien !

2° Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez rejoint le programme ?

Les valeurs portées par ce programme me correspondent et je suis heureux de pouvoir participer au débat sur l’égalité professionnelle. La notion d’équilibre vie pro / vie perso m’intéresse particulièrement. Aussi, ma petite expérience dans le monde de l’entreprise m’a montré que les préjugés sur les femmes restent forts et sont dignes d’une autre époque. Je suis convaincu qu’en parlant de ces sujets « entre hommes » dans des petites structures nous arriverons à faire changer certaines mentalités et faire tomber des obstacles importants à la performance globale.

3° Qu’est-ce que les réunions de cercle vous apportent collectivement et individuellement ?

La première réunion est en cours d’organisation donc nous allons découvrir l’apport de ces cercles d’ici quelques semaines. Les premiers échanges vont certainement nous permettre dans un premier temps de mieux connaître les points de vue de nos collègues masculins sur la question de l’égalité professionnelle.

4° Quel a été le regard de vos collègues sur votre adhésion ? Y a-t-il eu des freins et si oui lesquels ?

Pour être franc, je n’en ai pas encore beaucoup parlé autour de moi. Je pense qu’il y aura, au début, de l’incompréhension et des questions du type : « Que fais-tu là-dedans ? ». J’attends que les premiers cercles se passent avant de faire mon coming-out !

5° Cela a-t-il changé votre façon d’appréhender l’égalité professionnelle : en entreprise ? Dans votre vie personnelle ?

J’attends la tenue du premier cercle qui n’a pas encore eu lieu.

[/vc_column_text]